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AFF (suite)

 

Port

 

1882 – Projet de barrage sur l'Aff et le canal

    • Monsieur le Préfet,
    • Les ingénieurs du département du Morbihan m'ont adressé directement, le 27 mai dernier, un nouvel avant-projet de travaux destinés à compléter l'amélioration de la rivière de l'Aff dans les deux départements d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan.
    • Ce projet a été dressé conformément aux prescriptions d'une dépêche ministérielle du M décembre 1879 qui, écartant un premier projet montant à 320.000 Fr, a invité les ingénieurs à étudier ce qui serait nécessaire pour achever, dans des conditions plus modestes, la mise en état de la partie navigable de l'Aff et à indiquer dans quelle proportion il convient de réclamer le concours des départements, communes et intéressés.
    • La dépense de 109.000 Fr., que comporte le nouveau projet, peut être regardée comme d'accord avec l'avis du Conseil général des ponts et chaussées (22 mai 1878), qui avait admis les travaux en question avec un chiffre de 100,000 Fr. dans ses prévisions pour l'amélioration des voies navigables.
    • Le projet se justifie d'ailleurs par les considérations suivantes :
    • L'Aff est un affluent du canal de Nantes à Brest, qui y débouche un peu à l'aval de l'écluse de la Maclais, à environ 10 kilomètres de Redon.
    • On a dépensé, depuis 1868, une somme de 78.000 Fr. pour régulariser le chenal et obtenir 4 m, 10 de tirant d'eau. Les départements d’Ille-et-Vilaine et du Morbihan, la commune de La Gacilly, où commence la navigation, ont contribué pour 22.500 F à cette dépense. La navigation de l'Aff s'est développée rapidement : de 884 tonnes en 1864, elle est montée, en 1881, au chiffre de 17.572. On croit que le chiffre de 1882 sera de 20.000 tonnes. La région qui avoisine Redon est, en effet, dans une situation de prospérité croissante qui s'explique par l'existence d'un fret de retour. La Gacilly est un des centres secondaires de cette activité commerciale. Aussi, demande-t-on que les bateaux puissent passer de l'Aff dans le canal de Nantes à Brest et réciproquement, sans être obligés de diminuer ou d'augmenter leur chargement. La circulation du canal n'étant pas, en moyenne, supérieure à celle de l'Aff, cette rivière en est un tributaire très important.
    • Pour améliorer la navigation en restant dans les limites de dépense qui leur étaient assignées, les ingénieurs renoncent à creuser le lit et obtiennent le tirant d'eau de 1,62 m par une écluse de 0,77 m de chute. Ils rétablissent ainsi à l'origine, à La Gacilly, le niveau qui existait autrefois, et en vue duquel ont été établies les roues d'un moulin important auquel il ne sera pas causé de préjudice. Le rapport à l'appui du projet donne, avec tous les détails nécessaires, la description des divers ouvrages proposés

. La dépense s'établit ainsi

    1. Déblais d'élargissement du lit actuel sur 6.591 mètres, mais notamment sur 880 mètres 7.270.
    2. Dérivation de Port-Corbin, sur 1.516 mètres 18.234 • TOTAL – 23.404
    3. Déversoir et pertuis 10.000 • Écluse 45.000
    4. Maison éclusière 5.000 • Perrés et enrochements du côté du lac 2.436.
    5. Somme à valoir 14.160.
    6. TOTAL = 100.000
    7. Indemnités de terrains et dommages 9 000 TOTAL = 109.000
  • MM. les Ingénieurs demandent que l'Administration, prenant en considération l'avant-projet, en autorise la mise à l'enquête dans les deux départements intéressés.
  • Le Conseil général des ponts et chaussées, saisi de l'examen de l'affaire, a émis l'avis qu'avant de prendre en considération l'avant-projet présenté par MM. les Ingénieurs, dont la dépense s'élève à 109.000 Fr., dépassant ainsi les prévisions de 9.000 Fr., il convient de provoquer, de la part du département d'Ille-et-Vilaine, du département du Morbihan et de la commune de La Gacilly que l'exécution du projet intéresse particulièrement, des offres de concours en rapport avec la dépense à faire.
  • J'ai adopté l'avis du Conseil par une décision de ce jour, dont je vous prie, Monsieur le Préfet, de vouloir bien assurer l'exécution, en ce qui vous concerne.
  • Veuillez en informer M. l'ingénieur en chef, à qui je renvoie le dossier de l'affaire. Recevez, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma considération la plus distinguée.
  • Signé : E. LEB

1883 – Projet pour l'amélioration de l'Aff et de la traversée des marais

  • Amélioration de la rivière de l’Aff.
  • J'ai l'honneur de vous communiquer ci-après la dépêche, en date du 1ᵉʳ mars courant, par laquelle M. le ministre des Travaux publics fait connaître qu'il a pris en considération le projet relatif aux travaux d'amélioration de la rivière d'Aff, dont vous sollicitez l'exécution depuis plusieurs années.
  • Conformément aux instructions de M. le Ministre, j'ai invité M. l'Ingénieur en chef à me faire parvenir des propositions pour les opérations auxquelles donneront lieu la mise à l'enquête et les conférences mixtes.
  • Je vous tiendrai, ultérieurement, au courant du degré d'avancement de l'instruction de cette affaire.
  • « Paris, le 1ᵉʳ mars 1883. »
  • MONSIEUR LE PRÉFET,
  • J'ai reçu. Le rapport de M. l'ingénieur en chef Frossard, relatif au concours offert par les départements du Morbihan et d'Ille-et-Vilaine et par la commune de La Gacilly, pour les travaux d'amélioration de la civière d'Aff, entre cette commune et le canal de Nantes à Brest.
  • J'ai reçu. Le rapport de M. l'ingénieur en chef Frossard, relatif au concours offert par les départements du Morbihan et d'Ille-et-Vilaine et par la commune de La Gacilly, pour les travaux d'amélioration de la civière d'Aff, entre cette commune et le canal de Nantes à Brest.
  • J'ai décidé, le 4 juillet dernier, conformément à l'avis du Conseil général des Ponts et Chaussées, qu'avant de prendre en considération l'avant-projet de ces travaux, dont la dépense s'élève à 109.000 Fr Il convenait de provoquer, de la part des départements intéressés et de la commune de La Gacilly, des offres de concours en rapport avec la dépense à faire. »
    • M. l'Ingénieur en chef avait évalué à 20 000 Fr. la somme à réaliser.
      1. Le Conseil général du Morbihan a offert 3000fr.
      2. Celui d'Ille-et-Vilaine : 1 000 FR.
      3. La commune de La Gacilly : 1 000 Fr.
      4. Total : 5 000 Fr
  • Bordereau M. l'ingénieur en chef calcule que pour les travaux antérieurs, qui ont coûté 60.000 Fr, le concours fourni a été de 1/4, et il n'est pas d'avis de se contenter des offres actuelles. Il fait d'ailleurs remarquer que l'Aff a maintenant 1m10 de tirant d'eau et que, quoique la navigation laisse encore beaucoup à désirer dans la traversée du lac de Glénac, elle se trouve déjà amenée à un degré de perfectionnement supérieur à celui de bien des voies navigables du même ordre.
  • Le Conseil général des Ponts et Chaussées, à l'examen duquel j'ai soumis cette affaire, n'a pas cru devoir adopter la manière de voir de M. l'Ingénieur en chef, et a présenté les observations suivantes :
  • De ce que de grands sacrifices ont été faits par des localités, il n'en résulte pas que tout perfectionnement ultérieur leur sera refusé, si elles ne maintiennent pas leurs sacrifices à la même hauteur : si l'on ajoute les dépenses anciennes (78.000 Fr.) et à venir (109.000 Fr.), pour les comparer aux sacrifices faits (22.500 Fr.), et offerts (5.000 Fr.), on voit que ces derniers représentent près de 1/6 des dépenses, fraction assez importante.
  • D'autre part, l'Aff fournit à lui seul au canal de Nantes à Brest, dans le grand bief de Redon, une circulation égale à la moyenne qu'offre ce canal entre Redon et Pontivy; il a donc une importance analogue à celle du canal. La navigation de l'Aff s'est accrue en huit ans de 884 tonnes à 20.000 tonnes. Redon doit sa prospérité à l'existence d'un fret de retour ; or, c'est La Gacilly qui lui en fournit la majeure partie. Le commerce aurait d'ailleurs un grand bénéfice à charger à La Gacilly des bateaux qui iraient jusqu'à Redon, grâce à un tirant d'eau continu de 1m.62 Enfin, la navigation se fait actuellement dans de très mauvaises conditions à la traversée du lac de Glénac, et les bateaux ont à parcourir des marais où le halage est impossible. Lors de la préparation de la loi du 5 août 1879, relative au classement et à l'amélioration des voies navigables, on avait prévu une dépense de 100.000 Fr. pour l'amélioration de la rivière d'Aff. La dépense de l'avant-projet dressé par les ingénieurs étant de 109.000 Fr. et le concours des intéressés de 5.000 Fr., il y a un léger excès de 4.000 Fr. auquel on ne doit pas s'arrêter.

En résumé, le Conseil a émis l'avis qu'il y avait lieu

    1. De prendre l'avant-projet en considération.
    2. D'en autoriser la mise à l'enquête dans les départements d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan, dans les formes tracées par les ordonnances du 12 février 1834 et du 15 février 1835.
    3. Inviter MM. les Ingénieurs à procéder aux conférences mixtes.
  • J'ai l'honneur de vous informer que j'adopte l'avis du Conseil.

1884 — Travaux et projet sur l'Aff

  • Cette rivière, a été classée navigable, par ordonnance royale du 10 juillet 1835, entre La Gacilly et le canal de Nantes à Brest, sur une longueur de 8.700 mètres
  • La largeur de l'Aff varie de 15 à 25 mètres dans cette partie.
Fréquentation.
  • D'après les relevés statistiques prescrits par le décret du 19 novembre 1880, la fréquentation, en 1883, a été, tant à la remonte qu'à la descente, de 393 bateaux jaugeant ensemble 9.766 tonneaux, d'où il résulte pour 1883 une diminution et pour 1882, de 216 bateaux et de 5.454 tonneaux.
  • Cette diminution provient :
    1. du chômage des forges de Redon qui employaient beaucoup de minerai provenant des gisements de Glénac
    2. de la cessation de l'exploitation des forêts de sapins du voisinage.
Travaux exécutés.
  • De 1868 à 1874, la partie navigable de l'Aff a été l'objet de diverses améliorations : une somme de 52.911 Fr. a été employée à approprier le lit de cette rivière à la navigation, en le débarrassant des obstacles qui l'encombraient, en le régularisant et en l'approfondissant pour un tirant d'eau de 1 m 10 sur 5 m de largeur.
  • De 1877 à 1878, La Gacilly a été dotée d'un débarcadère dont l'établissement a donné lieu à une dépense de 13.900 Fr.
  • Enfin, de 1878 à 1883, on a exécuté un projet de travaux complémentaires de ceux entrepris de 1868 à 1874. Ce travail de parachèvement a donné lieu à une dépense qui s'est élevée à 11.000 Fr.
Entretien.
  • Comme en 1882 et 1883, un crédit de 2.000 Fr. est ouvert sur le budget de 1884 pour l'entretien des ouvrages mentionnés ci-dessus et pour le curage du lit de l'Aff, sur les points où les vases peuvent entraver la navigation
Projets.
  • Le 27 mai 1882, il a été présenté un avant-projet montant à 109.000 Fr, ayant pour objet :
    1. L'approfondissement et le redressement du lit de l'Aff pour un tirant d'eau de 1,62 m, entre La Gacilly et le canal de Nantes à Brest ;
    2. La construction d'une écluse et d'un barrage.
  • Par décision du 1ᵉʳ mars 1883, M. le ministre des Travaux publics, prenant en considération cet avant-projet, a autorisé sa mise à l'enquête dans les départements d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan et a invité les ingénieurs à procéder aux conférences mixtes. Ces formalités remplies, l'avant-projet a été renvoyé, le 24 janvier 1884, à l'approbation de l'Administration ; mais M. le Ministre a décidé, à la date du 11 mars dernier, qu'il serait sursis à la présentation du projet déclaratif d'utilité publique jusqu'à l'époque où la situation budgétaire permettra de doter l'entreprise.
1890 : refus du Conseil général du Morbihan
  • Le 25 octobre 1890, le conseil général du Morbihan adresse à la municipalité gacilienne une décision du ministre des Travaux publics refusant la surélévation du plan d’eau à 1,62 m au moyen d’une écluse à construire au Passage du Port-Corbin
1892 : la révision du projet pour la construction d'une écluse au Port Corbin

Pont du Port-Corbain -

Au nom de la commission, M. de Beher donne lecture du rapport suivant.

  • À plusieurs reprises déjà, l'affaire dont nous avons l'honneur de vous entretenir a sollicité votre attention ; mais elle revient aujourd'hui devant vous doublement assurée de vos dispositions bienveillantes, puisque c'est en vertu d'un vœu récemment exprimé qu'elle vous est soumise. Depuis près de dix ans, la ville de La Gacilly, dont l'activité commerciale s'accroît d'une façon constante, a, non seulement dans son intérêt propre, mais encore dans celui de toute la contrée, réclamé l'amélioration de son port et de sa rivière et vous ne lui avez pas mesuré votre appui.
Séance du 27 avril
  • Des délibérations itératives et pressantes ont signalé, recommandé cette couverture à la libéralité du Gouvernement ; mais longtemps, votre bon vouloir est demeuré stérile.
  • En 1884, après avoir fait établir un projet comprenant des écluses, des ponts et une dérivation partielle et coûtant 113.700 Fr., le ministre objectait l'insuffisance de ses ressources et ajournait la déclaration d'utilité publique.
  • Fallait-il, comme on l'a dit à cette époque, nous résigner à notre situation, avec l'espoir de meilleurs temps ? Grâce à Dieu, vous ne l'avez pas pensé ; les intéressés encore moins et nous pouvions constater, l'an dernier, que la question reprenait faveur : que l'importance de la rivière d'Aff et de son port d'embarquement paraissait enfin reconnue. Aujourd'hui, Messieurs, vous êtes appelés par l'administration elle-même à donner à la réalisation du projet une impulsion décisive.
  • Sans parler de l'élargissement en voie d'exécution du quai de La Gacilly, et de sa transformation prochaine, l'on en vient à traiter la grande question, la question capitale du relèvement du niveau d'eau, et à provoquer une solution pratique. Nous ne nous étonnerons pas, messieurs, qu'on réclame votre concours effectif ; nous ne nous en plaindrons pas davantage. Il est fort aisé de comprendre, assurément, les embarras qu'éprouve le ministre à subventionner des travaux sur un budget extraordinaire dont les ressources sont diminuées au moment où de toutes parts les demandes affluent. Et comme, en définitive, c'est bien lui qui supporte la lourde charge, cette proposition de mise à l'étude est un grand pas vers la solution que vous avez indiquée.
  • Des dragages, pratiqués en face de Glénac, ont obtenu, dans la section d'aval, une amélioration durable. Il s'agit maintenant, suivant votre vœu du mois d'août, d'établir entre ce point et La Gacilly un niveau d'eau normal et permanent. Mais, abandonnant le projet onéreux de 1884, on se contenterait, comme vous l'avez voulu, de construire une écluse, avec un pont mobile, au Port-Corbin, dans les conditions les plus économiques, de façon cependant à procurer une circulation constante à la batellerie et un débouché facile sur la Vilaine et Redon, à des communes qui n'y accèdent qu'avec de longs détours.
  • Qu'il vous suffise de savoir que, d'après un relevé tout récent pris à l'écluse voisine, le trafic, pour le seul port de La Gacilly, se monterait à 20.000 tonnes par année, si le niveau d'hiver pouvait être toujours maintenu or, c'est là justement le but de la demande.
  • Qu'il vous plaise enfin de connaitre l'appréciation que portent sur le mouvement de l'Aff navigable, à son point de départ, les principaux 63 négociants de Redon, en relations d'affaires avec notre Département. Ils disent que La Gacilly fournit à elle seule autant de marchandises que toutes les stations placées sur le canal, entre Pontivy et les confins d'Ille-et-Vilaine.
  • J'ajouterai qu'en ce qui touche les communications par terre, plusieurs communes, enclavées par l'Aff, font d'énormes circuits pour gagner la rive opposée, et que d'autres, appartenant aux cantons de La Gacilly, Rochefort et Malestroit, ne peuvent, dans la direction de l'Est, faire usage de leur chemin le plus court, qui aboutit au Port-Corbin, sans aller au-delà.
    • Il nous faut conclure, Messieurs, et avant tout, nous tenons à préciser les choses.
  • L'Administration des travaux publics vous invite à ajouter à votre demande d'études une promesse de concours et adresse un appel semblable aux communes intéressées et au département voisin, mettant d'avance à notre charge collective la construction des ponts et une part dans la dépense générale. Or, la question ainsi posée ne saurait être résolue.
  • Dans quelle proportion, en effet, car on veut une proportion, pouvez-vous contribuer à un travail dont vous ignorez la nature et le coût d'un travail conçu à nouveau et dans des conditions prochainement réalisables ?
  • J'estime, sauf meilleur avis de M. le Préfet, qui ne me contredira pas, j'en ai la confiance, j'estime qu'on n'attend de nous qu'un engagement de principe conforme, d'ailleurs, aux vœux précédemment émis.
  • Aussi, votre 2e Commission vous propose-t-elle la résolution suivante : Le Conseil, considérant que l'amélioration de la rivière d'Aff, dans sa partie classée, constitue pour la ville de La Gacilly et la région environnante un intérêt capital et urgent, prie l'Administration d'ordonner, dans le but d'y satisfaire, des études, suivant le vœu formulé par lui le 21 août 1891.
  • Il insiste pour que le projet, comprenant l'établissement au Port-Corbin d'une écluse, avec pont mobile, soit aussi réduit que possible, pour en permettre à bref délai l'exécution.
  • Il invite M. le Préfet, dès qu'il pourra le faire utilement, à vouloir bien consulter les communes sur les sacrifices collectifs ou privés qu'elles pourraient s'imposer ; enfin, à se mettre en relation avec le Département d'Ille-et-Vilaine, s’engageant à régler sa contribution proportionnelle sur les conditions du projet et le chiffre de la dépense.
  • Le rapporteur croit devoir dissiper, par avance, l'inquiétude que peut ressentir le Conseil en face de cette proposition et indique tout d'abord que la dépense ne sera pas aussi considérable qu'on serait porté à le supposer, car il s'agit d'un projet restreint. Ce que nous vous demandons en ce moment, dit-il, c'est d'émettre un vote de principe, vote réclamé par le ministre pour que l'État fasse étudier le travail.
M. Caradec désirerait connaître le chiffre du contingent incombant au Département.
  • M. de Behr répond qu'il s'agit d’un pari proportionnel, indéterminé quant au chiffre, et subordonnée à l'importance encore inconnue du projet.
  • M. Caradec voit un danger à adopter les propositions finales de M. de Beher. On demande, dit-il, que nous contribuions à la dépense afin que les ingénieurs puissent faire les études, et l'on nous dit qu'ils ne les feront pas si nous n'en prenons pas l'engagement. Je crois que cet engagement serait dangereux.
  • Behr : j'ai reconnu dans mon rapport que la question était mal posée. Prenez seulement un engagement de principe, et vous vous prononcerez lorsque vous connaîtrez le montant du projet.
  • M. le Préfet : l'État ne fera étudier le projet que autant que le Département prendra une partie de la dépense à sa charge.
  • M. le Comte de Pluvié : Nous pouvons dire que nous y contribuerons dans une certaine proportion, mais pas autre chose.
  • Après cette discussion, les conclusions du rapport sont mises aux voix et adoptées
Au nom de la commission, M. de Beher donne lecture du rapport suivant.
  • À plusieurs reprises déjà, l'affaire dont nous avons l'honneur de vous entretenir a sollicité votre attention ; mais elle revient aujourd'hui devant vous doublement assurée de vos dispositions bienveillantes, puisque c'est en vertu d'un vœu récemment exprimé qu'elle vous est soumise.
  • Depuis près de dix ans, la ville de La Gacilly, dont l'activité commerciale s'accroît d'une façon constante, a, non seulement dans son intérêt propre, mais encore dans celui de toute la contrée, réclamé l'amélioration de son port et de sa rivière, - et vous ne lui avez pas mesuré votre appui.
  • Amélioration de l’Aff. Projet Construction d’une écluse au Port-Corbin.
  • Conformément à votre délibération du 25 août 1893, il a été procédé, dans les conditions que vous avez indiquées, à l'instruction du projet de construction d'une écluse à Port-Corbin, sur l’Aff navigable, pour le relèvement du plan d'eau de cette rivière.
  • Le dossier de l'affaire a été transmis à M. le maire de La Gacilly, qui a été invité à, notifier à ses collègues des communes voisines le dépôt de ce dossier à la mairie du chef-lieu de canton et à provoquer des souscriptions tant communales que particulières pour contribuer à la dépense qu'entraînerait l'exécution des travaux.
  • Les maires d'un certain nombre de communes se sont réunis à la mairie de La Gacilly à deux reprises, les 8 février et 14 août 1894, en présence de M. l'ingénieur de Ploërmel. Les communes du Morbihan, intéressées par l'amélioration projetée, ont été, ensuite, invitées à voter le concours financier mis à leur charge, et l'avant-projet a été communiqué à M. le Préfet d'Ille-et-Vilaine, en vue des subventions à obtenir, d'une part, des communes de ce département ayant intérêt à l'exécution des travaux, et, d'autre part, du Conseil général lui-même.
  • J'ai l'honneur de vous mettre sous les yeux une lettre du 19 août courant par laquelle mon collègue d'Ille-et-Vilaine me renvoie le dossier communiqué, avec ses observations.
    • Sur les trois communes du département qui ont été appelées à offrir un concours financier, la commune de Redon, seule, a voté une subvention conditionnelle de 1000 francs ; Bains et Sixt ont refusé leur concours, en contestant, du reste, en ce qui les concerne, l'utilité du projet.
    • M. le Préfet d'Ille-et-Vilaine estime, par suite, qu'il ne lui parait pas opportun de demander, au Conseil général de son département, qui trouverait peut-être exagérée la part contributive qui lui est attribuée, de se substituer aux communes ci-dessus désignées pour parfaire ou assurer le contingent de ces communes, dès lors surtout que le Conseil général du Morbihan, qui représente le département le plus intéressé dans l'amélioration poursuivie, n'a pris lui-même aucune résolution ferme au sujet de la partie financière du projet. La consultation des communes du Morbihan, au point de vue financier, a donné le résultat suivant :
      1. La Gacilly a voté une somme (délibération du 14 octobre 1894) de 4.000f F.
      2. Glénac (délibération du même jour)
      3. . 600 Cournon Délibération du 11 novembre 1894.)
      4. 300 Carentoir (délibérations des 25 février et 2 décembre 1894). 300 M. le maire de Carentoir a en outre pris l'engagement, à la date du 22 mars 1894, de verser une souscription particulière de (engagement valable pendant 2 ans). Ensemble = 5200 F.
      5. Les communes de la Chapelle-Gaceline, Quelneuc et Tréal ont refusé leur participation.
  • En résumé, le montant des travaux d'amélioration à exécuter est évalué à 66.000 Fr d'après l'avant-projet dressé par M. les Ingénieurs
  • Le concours financier à fournir par les intéressés pour obtenir la prise en considération du projet est de 44.000fr c'est-à-dire des 2/3 de la dépense.
  • Les communes ayant voté 6.600, y compris la subvention conditionnelle de la ville, de Redon.
  • Il resterait à combler un déficit de 37.400 F.
  • J'ai l'honneur de vous prier, Messieurs, de vouloir bien me faire connaître quelle suite, dans ces conditions, il conviendrait de donner au projet dont il s'agit.
  • Les communes de la Chapelle-Gaceline, Quelneuc et Tréal ont refusé leur participation.
  • En résumé, le montant des travaux d'amélioration à exécuter est évalué à 66.000 Fr d'après l'avant-projet dressé par M. les Ingénieurs.
  • Le concours financier à fournir par les intéressés pour obtenir la prise en considération du projet est de 44.000 c'est-à-dire des 2/3 de la dépense.
  • Les communes ayant voté 6.600 Fr y compris la subvention conditionnelle de la ville de Redon.
  • Il resterait à combler un déficit de 37.400 Fr
    • J'ai l'honneur de vous prier, Messieurs, de vouloir bien me faire connaître quelle suite, dans ces conditions, il conviendrait de donner au projet dont il s'agit.

1898 – Travaux sur le pont du Port- Corbin,

  • Montant des travaux
  • devisConstruction des maçonneries et des abords du pont de Port-Corbin, sur l'Aff, entre Glénac et Bains 21.500 Fr, construction du tablier métallique du dit pont 13.500 Fr.
Dans sa délibération de mai 1912 Le conseil municipal de La Gacilly fait remarquer :
  • L’assemblée communale serait désireuse de voir arranger le pont de Pré-Naval. Ce pont, dont le tablier est très bas et peut fort bien être remonté, empêche les bateaux de passer lors des grandes eaux en hiver. En surélevant ce pont de 20 centimètres, les bateaux ne seraient pas arrêtés de chaque côté par les eaux trop hautes et tous les hivers ; il n’est pas rare de voir des chalands rester à ce pont trois semaines à un mois, ne pouvant passer en raison du niveau de l’eau. Lors d’une dernière consolidation de ce pont, deux poutres en fer ont été passées sous celles en bois existantes déjà et le tablier a été abaissé d’autant. Le conseil municipal demande donc que ces deux poutres en fer soient surélevées cet été à ce que les bateaux puissent librement passer désormais.
Rapport de la Commission départementale pour le projet du pont de Prénaval
  • Au nom de la 2ᵉ Commission, M. de Gouyon donne lecture du rapport suivant :
  • La reconstitution du tablier du pont de Prénaval, situé sur la commune de Glénac et reliant les deux rives de l'Aff, est réclamée depuis plusieurs années par les usagers, le service vicinal et celui de la batellerie.
  • Vous en avez déjà été saisis, et les retards apportés à la réalisation de cette affaire doivent pour partie s'expliquer par la lenteur des pourparlers engagés avec le ministère des Travaux publics. La batellerie demande en effet que le tablier soit relevé.
  • Enfin, la subvention ministérielle étant fixée à 4.000 francs et le prix total de la dépense entraînée par le projet devant atteindre 18.000 francs, la commune de Glénac a fait l'énorme effort de voter 7.000 francs.
  • Or, il faut remarquer que si le pont de Prénaval est bien situé sur son territoire, il est surtout d'une utilité générale et met en communication le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine.
  • Si l'on veut voir enfin cesser un état de chose plus que fâcheux, puisqu'en ce moment le pont est interdit à tout véhicule un peu lourd, il est urgent de suivre les propositions de l'administration. Votre 2e commission vous propose donc le vote des 7.000 francs destinés à parfaire la dépense, avec renvoi à la commission des finances pour l'étude des voies et moyens. Les conclusions de ce rapport sont adoptées, avec renvoi à la commission des finances pour les voies et moyens.
    • Les conclusions de ce rapport sont adoptées, avec renvoi à la commission des finances pour les voies et moyens.
1924 – Projet de surélévation du tablier en bois
  • Dans sa séance du 16 juillet 1920, le conseil municipal de Glénac et, lors de sa première session de la même année, le conseil d'arrondissement de Vannes avait demandé l'étude d'un projet d'exhaussement du pont de Prénaval, réclamé par les négociants et les commerçants de La Gacilly et de Redon, ainsi que la substitution au tablier en bois actuel d'un tablier en béton armé
  • La reconstruction de l'ouvrage est nécessitée par son mauvais état ; quant à son exhaussement, il est demandé depuis longtemps par le commerce et la batellerie.
  • Le service vicinal a préparé pour l'exécution de ces travaux un projet s'élevant à 18.000 francs, que j'ai l'honneur de vous soumettre ci-joint.
  • Par décision du 20 décembre 1923, M. le ministre des Travaux publics a approuvé ledit projet en ce qui concerne l'exhaussement du tablier et alloué, pour ce travail, une subvention de 4.000 francs. Par délibération du 2 mars dernier, le conseil municipal de Glénac a voté un crédit de 7.000 francs pour former la quote-part de la commune dans la dépense de substitution au tablier en bois du pont d'un tablier en béton armé.
  • J'ai l'honneur de vous prier, Messieurs, d'accord avec les agents du service, de bien vouloir allouer une subvention d'égale somme pour parfaire le montant de cette dépense.

1925 – Reconstruction du pont de Prénaval par M. Jouvance.

 

Pont de Prénaval

 

  • Les épreuves du pont de Prénaval, qui vient d’être reconstruit par M. Jouvance, entrepreneur à La Gacilly, ont eu lieu devant une commission composée de M. les ingénieurs du service vicinal, M. le comte De Gouyon conseiller général ; M. de la Bourdonnaye, président général du conseil d’arrondissement ; M. le maire de Glénac
  • Les épreuves consistaient en une surcharge par poids mort de 600 kilos par mètre carré de tablier et dans le passage du cylindre du canton de La Gacilly chargé de 1800 kilos.
  • Les résultats ont été fort satisfaisants et l’entrepreneur a été félicité par la commission.
  • Cette construction facilite d’une façon sérieuse la navigation sur l’Aff, le tablier du nouveau pont ayant été surélevé de quarante centimètres et mis ainsi au même niveau que le tablier du pont de Port Corbin.

 

 

LES BATEAUX

 

Le Chaland Nantais

 

C haland  Nantais

À la fin du XVIIIᵉ siècle, les bateaux utilisés sur l’Aff sont généralement des chalands nantais de 22, 24 et même 26 m de long construits en bois et parfois en fer. Pour les déplacer, trois modes de traction vont être utilisés ; tout d’abord le halage par l’homme au moyen de la bricole, puis le halage par un animal et enfin la propulsion par moteur.

La Bricole

  • Une grosse bande de toile appelée le las était passée sur une épaule et sous un bras et comportait un anneau sur lequel était attachée la corde pour tirer le bateau.
  • Lorsque ce mode de halage était évoqué, le marinier feignait de ne pas avoir entendu la question et enchaînait sur autre chose. Un sujet tabou venait d’être soulevé. La bricole est, dans la profession, comme la tare originelle dont le souvenir est plus ou moins bien accepté en fonction du degré de réussite sociale. Cela veut dire que les gens qui ont réussi la présentent comme un exploit, une sorte de chance d’avoir été élevé à la dure avant d’accéder à une relative aisance. Chez ceux à qui la vie a moins souri, on sent plutôt le poids de la fatalité. Ce système de halage fut abandonné vers 1920-1930.
Traction Humaine

 

Traction Humaine

  1. Utilisation de la Force Humaine : Avant l'utilisation systématique des animaux, et parfois en l'absence de ceux-ci, les hommes tiraient eux-mêmes les bateaux.
  2. Méthode de Traction : Les mariniers, souvent en équipes, marchaient le long des chemins de halage, tirant les bateaux à la force des bras et de leur propre poids.
  3. Difficultés : Ce travail était particulièrement ardu et exigeant physiquement, surtout sur de longues distances et avec des charges lourdes.
  4. Transition : Avec l'industrialisation et l'amélioration des infrastructures, la traction humaine a été progressivement remplacée par la traction animale, puis par des moteurs.
La traction animale.
  • La traction animale (cheval, mulet, âne) apparaît vers 1880 dans les portions de canal ayant un chemin de halage ou au moins un sentier de halage ; elle se généralise au cours des 20-30 années qui suivent et aussi avec l’installation d’écuries à l’arrivée de l’étape. (30 km par jour au maximum)
Le cheval, roi des canaux
  • Le cheval, grâce à sa force et son endurance, s'est rapidement imposé comme l'animal de trait idéal pour la traction des bateaux sur les canaux. Harnaché à un long câble, appelé hale, il tirait les péniches le long des chemins de halage aménagés sur les berges.
    • Le halage à cheval : un travail pénible mais indispensable .Ce travail était particulièrement ardu, notamment en raison du poids des bateaux chargés et des conditions climatiques souvent difficiles. Les haleurs, souvent des hommes robustes, devaient marcher des kilomètres entiers, soumis aux intempéries et aux variations du terrain.
    • Les chemins de halage, des infrastructures essentielles Pour faciliter le halage, des chemins de halage ont été aménagés le long des canaux. Ces chemins, souvent étroits et cahoteux, étaient indispensables à la circulation des chevaux et des haleurs.
Le déclin de la traction animale

Traction Animale

  • À partir du XIXe siècle, avec l'industrialisation et le développement des chemins de fer, la traction animale a progressivement décliné. Les chevaux ont été concurrencés par de nouvelles technologies, telles que les treuils à vapeur, puis par les remorqueurs à moteur.
    1. Les limites de la traction animale La traction animale présentait plusieurs inconvénients : o Vitesse limitée: Les chevaux ne pouvaient pas atteindre des vitesses élevées, ce qui ralentissait le transport.
    2. Coût élevé: L'entretien des chevaux et des chemins de halage représentait un coût important
    3. Conditions de travail

M. Sébillet Le bateau de M. Jouvance de Glénac avait encore la traction animale en 1947 : ce fut l’un des derniers de la région.

Eugène Jean Marie SEBILLET, de Launay, était marinier sur le St-Léon,

Le bateau , avait la traction animale , avec une jument qui s’appelait « La Blanche ».

Parfois avec ce mode de navigation , « il remontait» la Vilaine , jusqu’au port de Guipry

 

 

 

L'Automoteur
  • Les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale voient les automoteurs s’imposer au détriment des chevaux.
  • Les premiers automoteurs furent à la vapeur et roues à aubes, puis à hélice vers 1843.
  • En 1853, M. Chevrier, un négociant redonnais, demande au préfet l’autorisation de mettre en service un bateau à vapeur entre Rennes et la Roche-Bernard. « La Ville de Redon » pour assurer simultanément le transport des passagers et des marchandises. Des essais sont effectués à Redon sous la responsabilité de l’ingénieur en chef de Longeaux, un Gacilien.
  • En 1908, M. Marotte, un redonnais, père de Melle Marotte qui devint célèbre par ses peintures, élabora un projet de messageries fluviales qui auraient assuré un service régulier hebdomadaire par chalands automoteurs entre Nantes, Blain, Redon, La Roche-Bernard, Glénac, La Gacilly et Malestroit. Il faisait valoir que Redon restait un carrefour privilégié de voies navigables et que la présence de longs biefs sans écluse y permettait un trafic fluvial important relativement rapide dans une zone mal desservie par les chemins de fer, et ceci d’autant plus que la motorisation des chalands allait permettre de remédier à la paresse de la navigation intérieure résultant des procédés primitifs de traction par les hommes ou les animaux.
  • Vitesse : 15 km/h à vide et 8 ou 9 chargé à 120 tonnes, données variables suivant l’époque de l’année et la hauteur des eaux : « L’été, on touchait le fond partout, alors il fallait ralentir pour ne pas esquinter le bateau. »

 

La Pénette

 

    Bateau « la Pinette »
  • Le chaland était parfois remplacé par la pénette, aussi appelée « bateau-double » ou « bateau-boucle », alors que, dans les registres d’immatriculation, elle répond au nom de péniche, terme qui sera repris plus tard, et pas forcément par les mariniers eux-mêmes, pour désigner l’automoteur de canal. Ces embarcations de 24 à 26 m sont constituées de deux demi-bateaux liés l’un à l’autre par des « harts », simples anneaux de corde qu’on raidit en y engageant un bâton et en tournant.
  • Vers 1973-1974, les mariniers redonnais mentionnaient ces étranges bateaux avec un petit sourire, car « pénette », en patois de la région, peut désigner deux saucisses attachées l’une à l’autre, mais aussi, par déviation, certains organes pairs typiquement masculins.
  • Ces bateaux, dont l’origine semble être le pays de Redon, remontent jusqu’à Rennes, mais sont tout particulièrement appréciés sur les cours d’eau étroits comme l’Aff, l’Arz et le Don où le marinier peut les faire « éviter » (faire demi-tour dans une rivière étroite) n’importe où en les désolidarisant l’un de l’autre. Sans doute est-ce dans cette particularité qu’il faut rechercher leur raison d’être. Spécialisées dans le transport du bois et plus particulièrement des poteaux de mine, mais aussi dans celui des pierres et du minerai, les pénettes travaillent sur de courtes ou moyennes distances.

Le Cahotier

 

Traversée du Marais

 

Bateau « le Cahotier » Le Cahotier Donc le marinier devait se débrouiller seul avec la voile s’il y avait un vent favorable, ce qui était rarement le cas ; il employait aussi la « bourde », c’est à dire la perche si la hauteur de l’eau le permettait.

  • Un autre genre de bateau était utilisé dans les environs de Rennes :
  • les cahotiers de Pont-Réan ;
  • ils descendaient très rarement la Vilaine.

 

 

La Bourde, c'est-à-dire: la Perche.

 

La Bourde ( la Perche)

  • Sinon, il ne restait plus au marinier qu’à détacher sa yole (ou bachot ou annexe) pour porter un filin sur le premier pieu qui se présentait. En effet, pour ce passage des marais, des pieux peints en blanc avaient été implantés et espacés de 80m en 80m. Le filin, une fois attaché sur le pieu, on halait le bateau avec le treuil. Puis on recommençait l’opération sur chaque pieu. Comme on le voit, c’était un exercice pénible, long, dangereux et cher, car souvent le marinier devait faire appel à un compagnon, puisque le charretier était parti avec le cheval

 

 

 

 

Marchandises transportées

Les Pierres
  • Les pierres nécessaires à la construction de l’église de Tréal passèrent à Glénac et furent débarquées à La Gacilly ainsi que les ardoises d’Angers et le sable et la chaux du Val de Loire.
Le Sable
  • Les dernières péniches qui remonteront l’Aff viendront livrer les ultimes batelées de sable en 1964.
La chaux et autres engrais.
  • Les mariniers de Montjean, dans le Maine-et-Loire, qui transportaient la chaux étaient appelés les chaufumiers ou chaufourniers. La chaux était transvasée au moyen de cotrets : c’était une mesure cylindrique en bois ou en fer qu’on portait à deux à l’aide d’un brancard. Une barrique vaut 4 cotrets. Ce terme désigne aussi un paquet de morceaux de bois. (voir plus loin)
  • Les autres engrais transportés étaient principalement des scories et des phosphates.

Marchandises exportées

  1. Les Cotrets : Les fagots destinés aux boulangers redonnais et nantais,
  2. Les Feuillards : En châtaignier, espèce de pieu, pour soutenir les ceps du vignoble nantais.
  3. Les voliges : Planches délignées ou brutes de différentes épaisseurs et différentes longueurs. Un bon chargement se situe autour de 12.000m².
  4. Les Poteaux de mine :Ce sont des troncs de pins maritimes très souvent écorcés de 2 m ou 2,33 m (6 ou 7 pieds) embarqués sur navire au quai Wilson à Nantes et destinés surtout au pays de Galles (Cardiff) et servant à étayer les galeries des mines de charbon. Le commerce du bois de mine, en net recul entre les deux guerres, sollicitait durement la forêt bretonne avant la guerre de 1914. Différentes correspondances font état de contrats de 1.000 m³ et plus entre exportateurs nantais et commerçants morbihannai
  • La population vivant dans la forêt à la veille de la guerre de 1914 est aussi importante qu’au cours des siècles passés : charbonniers, sabotiers, cercliers et bûcherons qui travaillent à la tâche pour des particuliers ou comme salariés dans de petites entreprises familiales de sciage. Dans ces modestes exploitations, le patron possède 2 ou 3 chevaux qu’il conduit en général lui-même. Dans certains cas, il faut aller vite : le bateau est là et le grossiste est pressé. On fait alors appel à des rouliers de métier qui viennent en renfort assurer le débardage. De la coupe à la route empierrée qui conduit au port, le chemin est mauvais, les ornières profondes, les accidents nombreux. Sur l’ensemble de sa période professionnelle, M. Tréven, transporteur à La Gacilly, a ainsi perdu 32 chevaux. Le commerce du bois est extrêmement prospère jusqu’à la Première Guerre mondiale.Les Pommes5 Les Pommes.
Autres marchandise exportées

Les Pommes.

  • Pour le transport des pommes, les mariniers augmentent la capacité des cales en appuyant des panneaux contre l’hiloire ( le haut de la cale), un debout et l’autre en long et ainsi de suite, les panneaux verticaux étant retenus deux à deux par une corde. 70 tonnes de pommes passaient dans les cales d’une péniche.

• Les céréales et châtaignes

  • Vers 1900, lorsqu’un marchand de grain de La Gacilly vend 60 tonnes de froment à la minoterie de Foveno près de Malestroit, deux possibilités s’offrent à lui : la route (20km) et la voie d’eau (33km). D’un côté, c’est de 20 à 25 voyages avec une charrette, un cheval et un charretier. De l’autre, un chaland, deux hommes, un cheval et quatre jours maximum : le choix est rapidement fait : la voie d’eau est la mieux adaptée

 

Sources

OGE – Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne- –

Histoire de La Gacilly par Magré J.C.

BP de décembre 1959

Précis historique et statistiques voies navigables par Ernest GRANGEZ

Rapports du Conseil Général, 1842

Rapports, Conseil Général, août1880.

Rapports du Conseil général, août1879.

Rapports Conseil général 1882

Rapports Conseil général 1884

Rapports Conseil général – 1884

Rapports Conseil général – 1892

Rapports Conseil Général – 1895

Rapport du Conseil général 1898

Rapport du Conseil Général, avril 1898

Rapports Conseil général – 1924 –

La batellerie bretonne par J. Guillet

 

 

 

 

 

 

 



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